Aller au contenu
Bébé & enfant

Coliques du nourrisson : comment l'ostéopathie peut aider votre bébé (et vous)

Par Léa Laskar, ostéopathe D.OMis à jour le 14 juin 20269 min de lecture

Les pleurs reviennent chaque soir, votre bébé se tortille, replie les jambes sur le ventre, serre les poings, et rien ne semble vraiment le calmer. Les coliques du nourrisson sont parmi les moments les plus éprouvants des premiers mois — pour le bébé, et pour des parents épuisés.

Faisons le point calmement : ce que sont vraiment les coliques, les gestes qui peuvent soulager à la maison, les signes qui doivent amener chez le pédiatre, et ce que l'ostéopathie peut apporter — sans rien promettre que je ne puisse tenir.

Léa Laskar, ostéopathe, accompagne une maman et son nourrisson à Jérusalem (Katamon)

L'essentiel en bref

  • Les coliques sont fréquentes et bénignes : entre les crises, un bébé qui a des coliques mange bien et grossit normalement.
  • Aucun remède miracle : massage du ventre, portage, chaleur et patience aident, et l'ostéopathie peut soulager certains bébés en complément.
  • Au moindre signe inhabituel (fièvre, vomissements, sang dans les selles, perte de poids), le pédiatre passe en premier.

Les coliques du nourrisson : de quoi parle-t-on ?

On parle de coliques quand un bébé en bonne santé pleure beaucoup, de façon intense et difficile à consoler, surtout en fin de journée, sans cause évidente. Cela commence en général vers deux à trois semaines de vie et s'estompe le plus souvent vers trois ou quatre mois.

Les signes typiques

  • Des pleurs intenses, souvent en fin d'après-midi ou le soir
  • Un bébé qui se tortille, replie les jambes, serre les poings
  • Un ventre tendu, parfois soulagé par l'émission de gaz
  • Des crises qui résistent aux consolations habituelles

Le détail le plus rassurant

Entre deux crises, un bébé qui a des coliques va bien : il tète, il dort, il prend du poids normalement. C'est justement ce qui distingue les coliques d'un problème qui demanderait un avis médical — et c'est un repère important à garder en tête.

Pourquoi bébé a-t-il des coliques ?

La vérité, c'est qu'on ne l'explique pas complètement. Plusieurs pistes coexistent : un système digestif encore immature, de l'air avalé pendant la tétée, un microbiote intestinal en construction, une sensibilité au trop-plein de stimulations en fin de journée. Aucune de ces pistes n'explique tout à elle seule.

Une chose est sûre : ce n'est pas votre faute. Les coliques ne sont pas le signe d'un mauvais geste ou d'un mauvais lait. Elles font partie, pour beaucoup de bébés, de ces premières semaines où tout se met en place.

D'abord, écarter le reste : quand consulter le pédiatre sans attendre

Les coliques se reconnaissent justement parce que le bébé va bien par ailleurs. Certains signes, eux, ne sont pas des coliques et demandent un avis médical rapidement.

Consultez votre pédiatre ou un médecin si vous observez :

  • De la fièvre
  • Des vomissements répétés, en jet, ou verdâtres
  • Du sang dans les selles
  • Une cassure de la courbe de poids, ou un bébé qui ne s'alimente plus bien
  • Un bébé anormalement mou, geignard ou difficile à réveiller, même entre les crises

Dans ces situations, l'ostéopathie n'est pas la réponse : c'est le médecin qui doit voir votre bébé en premier.

Les gestes qui soulagent à la maison

Aucun de ces gestes n'est magique, mais beaucoup de parents y trouvent un vrai répit. Ils sont sans risque et valent la peine d'être essayés.

Le massage du ventre et le « vélo »

Massez doucement le ventre de votre bébé dans le sens des aiguilles d'une montre, avec une main posée et chaude. Vous pouvez aussi prendre ses jambes et faire un mouvement de pédalage lent : cela aide parfois à mobiliser les gaz et à soulager le ventre.

Le portage et les positions qui apaisent

Porter bébé contre soi, en écharpe, ou le tenir à plat ventre le long de l'avant-bras (la « position de l'avion ») rassure et détend souvent. Le contact, le mouvement et la chaleur de votre corps sont de vrais apaisants.

Chaleur, rots et rythme des tétées

Une bouillotte tiède (jamais chaude) sur le ventre, un temps calme pour faire les rots après chaque tétée, un environnement apaisé en fin de journée : ces petits ajustements comptent. Si vous allaitez ou donnez le biberon et que vous vous interrogez sur un changement, parlez-en d'abord à votre pédiatre plutôt que de changer de lait de votre propre initiative.

Ce que l'ostéopathie peut apporter

L'ostéopathie n'est pas un traitement des coliques, et il faut le dire honnêtement : les études sur le sujet restent limitées et leurs conclusions prudentes. Cela dit, certains bébés semblent plus apaisés après une ou deux séances douces, et c'est ce qui amène beaucoup de parents à essayer.

Ce que j'observe chez un nourrisson

Je regarde comment votre bébé tète, s'il avale beaucoup d'air, s'il garde des tensions au niveau du cou, du diaphragme ou du ventre après un accouchement parfois rapide ou difficile. Ce sont ces tensions, et l'inconfort qui les accompagne, que je cherche à relâcher.

Des gestes très doux, rien à voir avec « faire craquer »

Sur un bébé, je n'utilise que de légères pressions et mobilisations, jamais de manipulation forte. Beaucoup de nourrissons se détendent, certains s'endorment pendant la séance. C'est un travail tout en finesse, que je vous explique au fur et à mesure. Il s'inscrit dans l'accompagnement ostéopathique du bébé, toujours en complément du suivi de votre pédiatre.

Une séance pour votre bébé, concrètement

Votre bébé est installé contre vous ou sur la table, dans un cadre calme. Je commence par vous écouter : le déroulé des journées, les tétées, le sommeil, l'accouchement. Puis je travaille en douceur, là où je perçois des tensions. Vous restez auprès de lui du début à la fin.

Souvent, une à deux séances suffisent pour faire le point. Pensez à apporter le carnet de santé et, si vous en avez un, le suivi de la Tipat Halav : cela m'aide à avoir une vue complète.

Et vous, pendant ce temps ? Tenir bon face aux pleurs

On parle beaucoup du bébé, rarement de l'épuisement des parents. Pourtant, des pleurs qui n'en finissent pas usent. Si la tension monte, il est non seulement permis mais recommandé de poser votre bébé en sécurité dans son lit, de quitter la pièce quelques minutes et de respirer. Un bébé qui pleure dans son lit ne risque rien ; un parent à bout a le droit de souffler.

Passez le relais dès que possible, parlez-en à votre entourage, à votre pédiatre ou à moi. Vous n'êtes pas seule, et cette période, aussi difficile soit-elle, finit toujours par passer.

Questions fréquentes

Vos questions, mes réponses

L'ostéopathie est-elle efficace contre les coliques ?

Les preuves scientifiques restent limitées et prudentes : on ne peut pas garantir un résultat. Certains bébés semblent plus apaisés après une séance douce, d'autres moins. L'ostéopathie se conçoit comme un accompagnement, en complément du suivi du pédiatre, jamais comme un traitement.

À partir de quel âge consulter pour des coliques ?

Dès les premières semaines, si les pleurs et l'inconfort vous inquiètent. Les gestes sont adaptés à la fragilité du nouveau-né. En cas de doute sur une autre cause, je vous oriente vers votre pédiatre.

Combien de séances faut-il ?

Souvent une à deux séances suffisent pour faire le point. On évalue ensemble dès la première fois, et on ne multiplie pas les rendez-vous inutilement.

Est-ce douloureux ou risqué pour mon bébé ?

Non. Sur un nourrisson, je n'utilise que de légères pressions, sans aucune manipulation brusque. La plupart des bébés sont détendus, et beaucoup s'endorment pendant la séance.

Faut-il voir le pédiatre avant l'ostéopathe ?

Les coliques se reconnaissent au fait que le bébé va bien par ailleurs. En présence de fièvre, de vomissements, de sang dans les selles ou d'une perte de poids, le pédiatre doit voir votre bébé en premier. Dans les autres cas, l'ostéopathie vient en complément de son suivi.

Léa Laskar, ostéopathe D.O à Jérusalem (Katamon)

Léa Laskar, ostéopathe D.O

Diplômée de l'Institut Dauphine d'Ostéopathie (IDO Paris) et agréée par le Ministère israélien de la Santé. J'accompagne en français les femmes, les bébés et les enfants à Jérusalem (Katamon). En savoir plus sur mon parcours.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute ou de symptôme inquiétant, consultez votre médecin.

Prête à prendre rendez-vous ?

Écrivez-moi sur WhatsApp ou via le formulaire de contact : je vous réponds avec plaisir pour convenir d'un créneau.